Troubles du Comportement Alimentaire : mon témoignage

Je m’appelle Titiane, j’ai bientôt 16 ans, je suis en 1°S SVT. Je suis une fille « normale » avec des amis, des projets. Pourtant ce n’a pas toujours été ainsi, aujourd’hui je vais vous parler de mon passé, une partie de ma vie, c’est très personnel, je vous prierais donc de respecter cela. Ce n’est pas facile pour moi d’écrire cela, car je me retrouve propulser dans le passé, ce n’est pas très confortable.
(Je tiens à préciser que je ne suis PAS médecin, diététicienne, psychologue. Adressez-vous à des professionnels pour certaines choses, je peux aider certaine personne mais au bout d’un moment je ne peux plus rien faire.)

 

Mon enfance a été tout ce qu’il y a de plus normal. J’ai grandi en campagne, sans frère et sœur ; petite je n’ai jamais eu de problème particulier. J’aimais manger, je faisais de l’équitation (et j’adorais ça). Génétiquement j’étais prédestiné à rester mince (à noter que petite j’étais mince voir maigre malgré tout). J’avais des amis, j’étais toujours entourée.

Mais dès que je suis rentrée au collège il a dû se passer quelque chose, une étape que j’ai dû louper. J’ai commencé à manger d’avantage me disant que je m’en foutais de mon poids (car à 12 ans on s’en fou). En 5° j’ai commencé à avoir des problèmes, je me suis scarifiée pendant l’hivers, une amie qui a vu ça a appelé ma maman sans me demander mon avis (je lui en suis reconnaissante). Les causes sont diverses, j’ai dû arrêter l’équitation à cause d’une blessure qui a suivis de 2 opération, mon double-poney préféré était partis ce qui m’a fait un choque émotionnel. Pour ce qui est des scarifications on m’a emmené aux urgence mais rien de grave ce n’était pas profond et je n’en ai aucune séquelle. J’ai alors sombré très lentement. Je me refugiais dans la nourriture, tout les jours je mangeais 1 paquet de biscuit + ½ L de cappuccino au lait. Sans oublier les bonbons, chips, soda mangés dans le car tout les soirs de cours. J’étais persuadé de ne pas grossir, pourtant c’est ce qui s’est produit.

 

Un jour en 4°, un garçon m’a dit « Si tu ne perds pas 12 kilos je ne sors pas avec toi. », j’ai alors commencé un « régime ». Je mangeais plus sainement, je mangeais bien, j’ai alors très vite perdu, mais pas assez, je baissais alors les bras et reprenais, ce qui ne me donna pas mal de vergetures. Puis il a dû se passer quelque chose dans ma tête. C’était les restrictions ! J’ai tout de suite perdu mes règles (juin 2014). Je ne mangeais qu’une tomate par jour, max 100cal par jour. Des jeunes, des vomissements, des crises de boulimies qui me faisaient tout reprendre.
J’ai réussi à remonter la pente de ses TCA mais c’était pour une plus grosse rechute (septembre – octobre). En l’espace de 6 mois je perdis 20kg (à peu près). MAIS je ne perdais quasiment que du muscle car je ne faisais jamais de sport. Je me détestais. Ma vie se résumais à compter les calories, accumuler les couches de vêtements, mentir à mes amis, ma famille. Je mangeais, peu certes mais cela cachait « un peu la misère ».

Un jour alors que j’étais en train de me déshabiller dans la salle de bains, ma maman est entrée et à vu mon dos (car je me baissais), elle est tout de suite ressortie, je n’ai pas compris sur le coup. J’ai su plus tard qu’elle fut extrêmement choqué par ma maigreur car « Tu me rappel les camps de concentration. ». J’ai toujours aimer les papouilles dans le dos et plus personne ne m’en faisais, dû à mes os trop saillant au touché.
Pas de réaction pour ma par, j’étais « bien ». Je me nourrissais des postes Instagram et twitter me disant que je n’étais pas si malade que ça.
Je me suis scarifié encore une fois, tellement profond qu’il m’aurait fallu des points et que même maintenant j’ai encore des marques, on pourrait croire qu’elles sont récentes alors qu’elles ont 2 ans.
Les crises de boulimies étaient de pires en pires, je finissais à 4 pattes par terre de douleur à l’estomac. J’ai mangé de tout : du cru, des aliments à peine décongelé, etc… tout passait !

J’ai toujours eu un reste de conscience malgré tout. Il m’a permis de demander de l’aide. J’ai eu rendez-vous chez mon médecin généraliste, il m’envoya chez une spécialiste des TCA. Le bilan tomba ce jour là. Avec mon papa et ma maman. Dépression et TCA sévère, pour continuer sur la lancer mon potassium est tellement bas qu’il me faut des médicaments (3 gélules par jour, cela est même monté jusqu’à 6 par jour -je n’ai pas chance aucun mal à avaler des médicaments-). J’ai eu un contrat de poids, en gros si je passais en dessous j’étais hospitalisé.
Entre temps j’ai développé une phobie scolaire, je restais alors chez moi, à ruminer, à attendre mes parents car je ne voyais qu’eux, ils étaient alors tout pour moi. Mais étant persuadé que je n’étais pas assez malade je pensais que l’hospitalisation ce n’étais pas pour moi. Malheureusement on voulait m’envoyer en psychiatrie, car rappelons que ceci est une maladie mentale. Mais avec mes parents je me suis battu pour entrer dans un centre pour soin de suite car là-bas je pouvais y suivre une scolarité.

 

Un matin mon téléphone sonna et c’est alors que j’ai su que je devais rentrer à l’hôpital, en pédiatrie. J’ai eu le cœur lourd lorsque j’ai du appelé ma famille pour leur dire. Je me rappel des pleurs de beaucoup, du au revoir que j’ai laissé à mon père, mes grands-parents. Arrivé à l’hôpital, cela s’est relativement bien passé, j’ai dit au revoir à maman, j’ai parlé à ma copine de chambre. Une autre fille atteinte d’anorexie était la.
Malheureusement le matin j’ai décidé de me rebeller, je ne voulais plus rien manger. Mais ne voulant rien entendre ils m’ont fait une prise de sang a jeun, 12 fioles ENTIÈRE ! Je suis tombée dans les pommes et en me réveillant je ne voyais plus rien, tout était noir, j’ai hurlé tout ce que je pouvais appelant à l’aide. Personne. J’ai hurlé encore et encore jusqu’à que quelqu’un vienne.

J’ai eu mon déclic lorsqu’on m’a menacé de sonde. J’ai eu droit à des visites, enfin que de mes parents au départ, mais je sortais avec eu à la cafeteria pour aller voir le reste de ma famille. J’ai vu des personnes pleurer alors que je ne les avais jamais vu ainsi auparavant.
Peu à peu je m’en suis sortie, et je fus transféré dans mon centre. Là-bas j’ai vraiment pu guérir. En tout 1 mois d’hôpital et 5 mois de soins de suite. J’ai pris pas mal de poids la-bas mais qu’importe j’étais bien. Ma vision était encore déformée et j’étais toujours aménorrhée (sans règle). Je sors d’hospitalisation avec mon brevet en poche, le visage couvert de larme de quitter mes amis, toute ses personnes qui m’ont aidé et que je ne reverrai surement jamais.

 

Je retrouvai mes règles en novembre 2015, après 1 an de demi sans.
Les crises de boulimies avaient disparu depuis longtemps. Malheureusement j’ai continuer à me mutiler. J’ai encore plus de marques, cela me laissant des réflexions de plusieurs personnes, mais que voulez-vous ils ne savent rien, ils ne sauront rien.
Je sais que certaines personnes s’en sont voulu pour ma maladie, mais je sais aussi que ses personnes sont à mes cotés maintenant, j’ai du soutien de partout. Je ne suis plus seule
J’ai cru avoir des rechutes mais ce n’est jamais arrivé. Je suis toujours suivi psychologiquement depuis maintenant 5 ans, je ne suis plus en danger, les TCA sont lions derrière moi, même si je sais que j’aurais des séquelles pendant longtemps.
Vous ne pouvez pas guérir si vous ne le voulez pas. C’est une bataille contre sois, chaque jour, chaque heure, chaque minute ; il faut lutter contre ses pensées. C’est une bataille contre soi-même, que nous ne pouvons faire à plusieurs.

Ce témoignage était juste pour vous montrer que malgré tout il est possible de s’en sortir, que ce soit des mutilations, des crises de boulimies, de l’anorexie et de la dépression.

 

Partager cet article si celui-ci vous a plus...Tweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Tumblr0Pin on Pinterest0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *